christine g. lachat.

J’ai passé mon enfance dans la nature, entre lacs et montagnes en Suisse Romande. Imprégnée par cet univers végétal, émerveillée par les trésors d’architecture, j’ai toujours créé avec ces éléments. Sublimées par les contre-jours, ces structures merveilleuses ont poussé mon imaginaire.

Mon père faisait un peu de photos macro de fleurs, papillons… je me disais qu’il aurait du prendre plutôt les détails, ce que ma mère m’a fait découvrir très tôt. Elle me montrais les formes que l’on trouvait dans un choux par exemple, les écorces, les nervures des feuilles…

J’ai hérité de sa manière de voir les choses. Aujourd’hui encore lorsque je vais la voir dans sa maison, je passe beaucoup de temps à capturer le petit monde qu’elle a créé.

L’appareil photo est devenu l’outil qui m’a permis de façonner la matière au gré de la lumière et des contre-jours.

Me fondant sur une approche spontanée, intuitive, je me suis mise en quête d’une émotion comparable à celle que procure un tableau abstrait avec des sensations et des réalités à peine perceptibles.

Le monde du détail m’absorbe et m’invite à célébrer un lien fusionnel avec mon sujet qui me fait oublier toute notion de temps. C’est un univers presque irréel alors même qu’on le côtoie au quotidien.

J’ai découvert dans les fruits et légumes coupés en tranches un univers graphique, transcendé par la lumière et dévoilé par des jeux de transparence.

Ce monde est construit d’une manière extraordinaire bien plus encore que les constructions humaines. C’est une organisation, un rythme qui se développe. C’est le mouvement de la vie.

Toutes mes photos sont prises dans mon environnement familier, ma cuisine, mon jardin. Parfois, je commence à préparer un repas et en découpant les légumes, je repère leurs structures et du coup les prends en photos. Souvent j’ai du improviser un repas express dans les quelques minutes qu’il me restait.
Je photographie de manière instinctive, obsessionnelle, jusqu’à obtenir celles qui me conviennent.

Cette série est prise en macro-photographie à main levée, je retiens ma respiration, parfois à en être toute essoufflée. J’ai toujours en tête l’arrière-plan qui est primordial pour faire ressortir le sujet en transparence. Principalement, je compose avec la lumière naturelle.

J’utilise parfois des supports qui réfléchissent les lumières tels que couvercle de casserole, miroir, papier d’aluminium et quelquefois, une lampe de poche.

Pour ces photos j’ai utilisé, un Canon 400D avec l’objectif Macro EF-S 60 mm 1:2,8 USM.

— par Christine G. Lachat